Hervé PILLAUD | Pourquoi me suis-je engagé avec La Ferme Digitale dans Digital Africa ?
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Pourquoi me suis-je engagé avec La Ferme Digitale dans Digital Africa ?

Pourquoi me suis-je engagé avec La Ferme Digitale dans Digital Africa ?

Annoncée à Ouagadougou par le Président de la République Emmanuel Macron, l’association Digital Africa vient d’être créée. Son président Karim Sy, fondateur des Jokkolabs, aime à dire qu’il s’agit d’un dispositif innovant pour porter ensemble un monde en commun, ouvert et inclusif qui va favoriser l’émergence et l’accélération de l’innovation africaine. De son côté, La Ferme Digitale fait la promesse, au travers de ses adhérents et de ses partenaires et amis, de promouvoir l’innovation et le numérique pour une agriculture performante, durable et citoyenne. La Ferme Digitale est depuis le 12 octobre dernier un des membres fondateurs de Digital Africa. Leurs valeurs les rapprochent et l’agriculture jouera un rôle majeur dans le développement de l’Afrique.

 

Est-il désormais possible de parler d’agriculture en Afrique comme ailleurs sans évoquer le numérique ? Oui probablement, mais penser le futur de l’agriculture ne peut se faire sans l’intégrer dans la société dans laquelle nous vivons. La société numérique vient retourner la terre de ses certitudes, toute la chaîne de valeur de la production à la consommation est bouleversée. Il n’est donc pas envisageable que l’agriculture fasse exception.

Pour être durable, en Afrique au même titre que partout ailleurs dans le monde, l’agriculture devra répondre à trois objectifs : être économiquement viable, socialement supportable et acceptable pour l’environnement. Rien ne doit être écarté pour atteindre cet objectif. Le numérique est une opportunité pour y parvenir par sa capacité à agréger et mettre en œuvre des connaissances. L’agriculteur est le détenteur des savoirs capable de mettre en œuvre à bon escient ces usines que la nature nous offre. Le numérique permet beaucoup de possibilités nouvelles mais le changement de paradigme est moins dans la technique que dans les opportunités qu’elle nous offre.

Nous parlerons demain d’agriculture augmentée. L’agriculture va évoluer de sa fonction quasi régalienne de nourrir, à une multitude de fonctions en prise directe avec le développement durable. La fonction historique restera bien sûr la production de denrées alimentaires. Avec l’agriculture augmentée, s’ajoutera la capacité à restaurer la biodiversité et les écosystèmes, la capacité à dépolluer l’eau, l’air et les sols. La capacité à produire de l’énergie et des biomatériaux à partir de la biomasse complétera ces démarches. L’agriculture interviendra également dans le stockage du carbone et donc dans l’atténuation des gaz à effet de serre. L’agriculture sera alors reconnue comme facteur d’amélioration de la santé et vecteur de lien social.

S’il est un continent où le numérique va permettre des avancées voire des modélisations innovantes en matière de développement agricole durable, c’est bien l’Afrique. Il n’est pas envisageable d’y reproduire le modèle agricole occidental. L’opportunité en réalité consiste à penser un modèle nouveau pour le continent africain mais également sa globalisation, en développant des modes d’organisations et des techniques numériques. Cela ne pourra être efficient que si c’est réalisé par les Africains. Les techniques à mettre en place devront être conçues avec les populations locales, certaines techniques agricoles traditionnelles sont louables et à préserver. L’Afrique va se doter de ses propres outils de développement : drones de prise de données agricoles, pièces de tracteurs, outils d’analyse du sol, pompes, etc. Ces outils pourront prochainement être produits au sein de fablabs, dans la plupart des cas en respectant des logiques open-source. Ce sont les Africains qui feront émerger leurs propres modèles agricoles.

Notre rôle ne peut être que celui de passeurs, de facilitateurs, c’est le sens de mon engagement et de celui de La Ferme Digitale que je représente dans Digital Africa.

Digital Africa est l’émanation de la volonté de « construire ensemble », de dix organisations composant ensemble les membres fondateurs : l’AFD, le CFI, Jokkolabs, la FING, GEN Africa, Bond’innov, La Fabrique des mobilités, AfriLabs, Digital Observer for Africa  et La Ferme Digitale. La Ferme Digitale m’a désigné pour la représenter au sein de Digital Africa accompagné de Michel Aubinais mon suppléant.

 

 

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