Hervé PILLAUD | Help !
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Help !

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Aidez-nous ! Christiane Lambert présidente de la FNSEA en conclusion de la deuxième édition du LFDay, a lancé un véritable appel aux start-up pour répondre aux défis qui se présentent aux agriculteurs : « du pilotage de nos exploitations aux problématiques environnementales en passant par les relations avec les consommateurs, nous avons besoin de vous, aidez-nous ! » leur a-t-elle dit.

Cette deuxième édition du LFDay organisée par La Ferme Digitale a connu un vrai succès : plus de 100 start-up présentes, 18 pays représentés, 1 300 participants. Tout au long de la journée des tables-rondes, des keynotes qui se succèdent à un rythme soutenu, des participants attentifs qui jonglent entre les thèmes qui les intéressent et les visites au start-up exposantes. Ces participants qui sont-ils ? J’ai pu y croiser nombres de startuppers et de participants à nos AgreenStartups. Certains projets que nous avons connus à un stade embryonnaire sont devenu des entreprises. Leur fierté n’est pas mince de nous montrer qu’ils ont franchi le pas de l’entreprenariat et de partager avec nous l’évolution accomplie. J’y ai rencontré des incubateurs venus accompagner leurs jeunes pousses en accélération et des fonds d’investissement convaincus que l’agriculture sera demain un secteur rentable à accompagner. J’y ai vu des têtes connues, d’autres moins, mais toutes curieuses de venir à la rencontre d’un monde qui change, d’un monde où l’on ose. Le seul bémol à la réussite de cette journée malgré ses 1 300 participants, a été d’y croiser trop peu de responsables professionnels et d’agriculteurs. Trop pris par le quotidien, tout un chacun a ses excuses pour ne pas regarder en face une réalité nouvelle. La prise de conscience de la nécessité de sortir de sa zone de confiance n’est pas encore faite, même si cette zone de confiance est faite de médiocrité, beaucoup d’agriculteurs y sont encore installés, réfugiés dans un hypothétique espoir de voir l’état, l’Europe, je ne sais qui, trouver la solution. La présidente de la FNSEA et le président de Jeunes Agriculteurs, ont eux compris l’intérêt de venir apporter leur soutien à ces jeunes entrepreneurs qui s’intéressent à l’agriculture et l’appel de Christiane Lambert a été reçu comme un message d’encouragement à continuer à innover, à créer, à trouver la solution. « Le monde change, changeons » leur a-t-elle redit comme elle l’avait affirmé au dernier congrès de la FNSEA.     

Ces quelques mots prononcés à l’issue d’une journée très riche de débats sont symptomatiques d’un changement beaucoup plus important qu’on ne peut l’imaginer a priori. La créativité et l’innovation par la voie de l’entreprenariat ne sont pas des phénomènes de mode, une bifurcation est en train de s’opérer. La créativité est désormais partout, la recherche sort des laboratoires, le living-lab devient tendance ! D’hackathons en bootcamps, il n’est pas de semaines sans qu’il ne s’échafaudent des cas d’usages (usecases en patois 2.0). Partout dans le monde, des start-up mettent au point des POC (Proof Of Concept, toujours en patois 2.0) et sont prêtes à les tester chez les agriculteurs. Le goût d’entreprendre, la prise de risque, le désir affiché de profits et l’envie de créer des solutions pour une alimentation et une agriculture nouvelles animent les jeunes pousses. Le temps n’est plus au « Y’a qu’à faut qu’on », il est à l’action. La créativité devra être au cœur de la construction d’une nouvelle agriculture. Elle se devra d’être plurielle et au service de toutes les agricultures. Elle se devra également d’être partagée, déstructurant totalement la hiérarchie, bousculant tous les codes. Les séminaires de réflexion débouchant sur les plans stratégiques et les procédures d’application ont vécu ; désormais, on fait, on teste, on tire les enseignements et on améliore. Les organisations très structurées regardent sans vraiment comprendre ce qui se passe. Pour beaucoup d’entre elles, elles sont désarçonnées, veulent s’en emparer mais ne savent pas encore vraiment comment ; elles vont devoir s’adapter !

La solution sera dans notre implication dans le changement, alors que l’agriculture devient de plus en plus high-tech, qu’un nombre croissant d’agriculteurs utilisent des machines équipées de GPS, soutenues par des plateformes qui recueillent des données sur les plantes, le sol et les conditions météorologiques, peu sont encore conscients de la nécessité d’être acteurs plutôt que simples utilisateurs de ce changement. Armés de données, les agriculteurs peuvent désormais peaufiner leurs opérations, augmentant potentiellement les rendements et les profits mais le maintien de notre capacité de décision dépendra de notre implication dans la mise en place du changement. C’est ce qu’ont compris FNSEA et JA en profitant du LFDay pour présenter les premières applications de la charte de bonne utilisation des données agricoles. Il nous faudra néanmoins aller plus loin en devenant acteurs du changement. Le contrat de solutions pour l’environnement initié par la FNSEA et désormais partagé par un nombre croissant d’organisations, trouvera son aboutissement dans l’innovation partagée. Un new deal est à mettre en place avec la société et nous devons accueillir ceux qui veulent venir le mettre en place avec nous. Un nouveau regard sur l’avenir s’installe, un commun nouveau se crée grâce au numérique redéfinissant un territoire partagé. Une relation forte doit se mettre en place entre les agriculteurs, leurs organisations et les jeunes pousses qui croient en l’agriculture. Cette relation doit se fonder sur des communs pour créer du lien entre les savoir-faire et les cultures entrepreneuriales. Une communauté d’acteurs est en train de se créer, c’est d’elle qu’émergeront les solutions.

Pour gagner la partie de la nécessaire évolution : innovation, transparence, pragmatisme doivent prendre le pas sur règlements, procédures, contrôles. L’obligation de résultats doit se substituer aux respects de directives et à la prolifération d’interdictions. Les représentants des agriculteurs allaient hier quérir les solutions dans les couloirs des ministères et des administrations, c’est dans l’innovation partagée qu’ils sauront demain la trouver.

La vie de la cité va elle aussi évoluer, le monde change, changeons !   

 

 

 

 

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